
Lac Beira
Lac Beira
Ancienne douve portugaise du XVIᵉ siècle, le lac Beira mêle histoire coloniale, temple bouddhiste sur pilotis et faune urbaine au centre de Colombo.
Le lac Beira occupe environ 65 hectares au cœur de Colombo. Ancienne douve défensive creusée par les Portugais au XVIᵉ siècle pour protéger leur fort, ce plan d'eau urbain mêle aujourd'hui patrimoine bouddhiste, faune aquatique et architecture contemporaine. Le temple Seema Malakaya, posé sur pilotis, en constitue le point de repère le plus photographié.
Pourquoi visiter le lac Beira
Le site condense plusieurs strates de l'histoire de Colombo en un seul lieu : génie militaire portugais, aménagements néerlandais, loisirs hérités des Britanniques. Le lac sert aussi d'écrin à un ensemble bouddhiste signé Geoffrey Bawa, l'un des architectes sri-lankais les plus reconnus du XXᵉ siècle. Quelques activités calmes — pédalo, balade autour des berges, restaurant flottant — complètent l'intérêt patrimonial. Comptez 1 h à 2 h pour faire le tour des points marquants, davantage si vous prolongez par les attractions voisines.
Une douve devenue lac urbain : repères historiques
Les travaux portugais (1518-1521)
Colombo passe sous occupation portugaise dès 1518. Confrontés à la pression du roi Vijayabahu VII et des forces sri-lankaises, les colons décident de protéger leur Fort par une vaste fosse. Les travaux débutent en 1521. Le défi est hydraulique : comment remplir l'ouvrage ? Le capitaine portugais Lopo de Brito identifie alors un ruisseau coulant entre les monts Dematagoda et Saint-Bastian. Raccordé à la douve, il permet la formation du lac. Des crocodiles y sont introduits pour dissuader d'éventuels assaillants. À ce stade, le plan d'eau couvre 1,61 km².
L'offensive de Sitawaka (1578)
En 1578, le roi Mayadunne du royaume de Sitawaka tente de couper le ravitaillement en eau du lac sans y parvenir. Son fils Rajasingha (Sithawaka Rajasinghe) finit par tarir l'ouvrage en bloquant les canaux d'alimentation. L'attaque qui suit est repoussée grâce à des renforts portugais venus d'Inde, mais le système défensif en sort affaibli.
Néerlandais et Britanniques
Les Néerlandais s'emparent ensuite du Fort. Ils restreignent la superficie d'un tiers et créent plusieurs îles artificielles, dont l'Île des Esclaves. À l'arrivée des Britanniques, les crocodiles sont déportés et les berges aménagées pour la voile et l'aviron. Au XIXᵉ siècle, l'extension de la ville réduit le lac à 0,65 km². Le nom Beira est officialisé en 1927 ; on parlait auparavant de « lac Colombo ». Deux pistes coexistent quant à son origine : le patronyme d'un ingénieur néerlandais nommé De Beer, ou un mot portugais désignant la rive d'un cours d'eau.
Que voir autour du lac
- Le temple Seema Malakaya : extension du complexe bouddhiste de Gangaramaya, ce pavillon repose sur pilotis et s'atteint par une passerelle en bois. Le bâtiment antérieur aurait sombré vers 1970 ; l'ensemble actuel a été dessiné par Sir Geoffrey Bawa. À noter : le terme « seema » renvoie en bouddhisme à un espace consacré (sīmā), même si certaines sources locales avancent une étymologie tamoule liée à l'époque britannique.
- L'Île des amoureux : une petite avancée aménagée avec un pont suspendu, des bancs en pierre et des parterres fleuris, fréquentée par les couples de Colombo.
- Les bateaux-cygnes : embarcations biplaces, à pédales ou à pagaie, louées à un tarif modéré pour une demi-heure de balade.
- Le restaurant « 8° sur le lac » : plateforme flottante en bois et verre rattachée à l'hôtel Cinnamon Lakeside, accueillant une centaine de couverts au-dessus de l'eau.
- Faune visible depuis les berges : pélicans, cigognes, varans, lézards et serpents d'eau fréquentent les rives.
- Les allées de jogging : un anneau piéton entoure une partie du lac, utilisé par les habitants tôt le matin et en fin de journée.
Informations pratiques
- Accès : libre autour du lac ; le temple Seema Malakaya demande un droit d'entrée modique et une tenue couvrant épaules et genoux.
- Durée de visite : 1 h à 2 h pour le tour du lac et le temple ; davantage avec une pause restaurant ou pédalo.
- Affluence : le site est plus fréquenté en fin de semaine et en fin d'après-midi.
- Photos : autorisées, y compris dans l'enceinte du temple (à l'exception de poses jugées irrespectueuses devant les statues du Bouddha).
Quand y aller
Colombo connaît un climat tropical humide marqué par deux moussons. La fenêtre la plus confortable s'étend généralement de décembre à mars, lorsque les pluies sont moins intenses sur la côte ouest. Les mois de mai à septembre concentrent davantage d'averses. Pour la lumière sur le temple Seema Malakaya, la fin d'après-midi reste la plus photogénique.
Comment s'y rendre
Le lac Beira occupe le centre de Colombo, à proximité du quartier de Slave Island. Depuis la gare de Colombo Fort, comptez une vingtaine de minutes à pied le long des grands axes. Les tuk-tuks et taxis (applications type PickMe ou Uber) constituent l'option la plus directe depuis les autres quartiers. La gare ferroviaire de Slave Island, sur la ligne côtière, dépose les voyageurs à quelques centaines de mètres du temple.
À voir dans les environs
- Le monastère de Gangaramaya, dont dépend le Seema Malakaya, à 5 minutes à pied.
- Le parc Viharamahadevi, le plus grand espace vert de Colombo.
- Le parc Price et le quartier de Fort, pour l'architecture coloniale.
- Pour prolonger le voyage culturel, l'intérieur du pays offre la danse Kandyan, le site monastique de Ritigala, ou les temples anciens de Gadaladeniya Vihara et Embekke Devalaya.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Pour intégrer le lac Beira dans un itinéraire plus large mêlant côte, montagnes et sites bouddhistes, consultez nos voyages au Sri Lanka.
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